The Men In The Glass Booth, Anthologie des années glorieuses du l’ère Disco.

 

Ce courant exubérant musical a émergé en 1970 aux USA, au début diffusé seulement par les radios puis rapidement dans les discothèques de Brooklyn, Bronx et Harlem.

Son but: danser en revendiquant « Born to Be Alive », chante Patrick Hernandez, les paroles de son succès définissent clairement le message « Nous sommes nés pour être vivants ».

 

Il faut se mettre dans le contexte historique, guerre du Vietnam depuis 1955 jusqu’en 1975, de 1972 à 1974 le scandale du Watergate.

 

Le peuple a besoin d’insouciance, de lieux où se défouler, parler de sexe, de vie nocturne avec une exubérance vestimentaire qui va jusqu’au déguisement. La mode Disco explose.

 

L’année 1978 est considérée comme le sommet, en effet l’industrie de ce courant musical atteint une recette totale de 22 milliards de francs dont 13 millions uniquement pour le Studio 54, considéré comme la plus célèbre boîte où l’on peut croiser Liliane Carter, mère de Jimmy Carter et John Travolta.

Ce dernier, avec la Fièvre du samedi soir, permet de porter le Disco dans le monde entier. L’Europe et la France ne sont pas en rade, Jacques Morali français, est le producteur du groupe « Village People ».

 

 

 

The Men In The Glass Booth est un témoignage inédit de compilations des plus grands Disk Jockey de cette époque, avec un livret de 40 pages qui présente cette histoire.

 

Tout est fait pour faire danser, une métrique 4/4 où tous les temps sont marqués par la grosse caisse et les contre temps par « le charleston », une orchestration simple, des phrases mélodiques répétées en boucle qui évoquent la fête et la vie nocturne.

 

Les Disk Jockey dès le début du Disco mixent et re-éditent les morceaux pour : accentuer les temps forts des morceaux, la ligne de basse ,allonger la durée des morceaux.
Mais ce n’est qu’en 1975 que sort  «Ten Percent» le premier album des remix et re-edits des DJ de l'ère disco, car il est hors de question que ceux-ci aillent dans un studio d'enregistrement, lieux réservés uniquement aux musiciens ; les DJ étant considérés comme des jukebox vivants.


Ce type de remarque est encore dans la bouche de certains, heureusement les mentalités changent, ce sont des artistes reconnus de nos jours.

Cet album prouve leur reconnaissance depuis le mouvement disco.

 

La place et les mots manquent pour décrire les 30 morceaux de cette anthologie. Coup de cœur pour  le travail du légendaire DJ John Luongo un des plus anciens du disco avec    «  Leon Collins – I Just Wanna Say I Love You (John Luongo Remix) » très belle introduction vocale reprise par des chœurs. Tout y est, il ne manque plus que le pantalon pattes d’eph et à nous le dancefloor ! « Hot Ice – Dancing Free (John Luongo Remix) » du même DJ avec une ligne de Basse reprise par des voies androgynes, nous avions oublié  les lunettes ray bans pour complèter l’ensemble.

 

L’amour, le sexe, la dance, toutes les composantes du disco sont là pour « The Disco Scene (Rick Gianatos Remix) » avec un pupitre de cuivres qui inspireront plus tard le Funk.

L’ensemble des morceaux montrent le travail de recherche des DJ, comme « The Salsoul Orchestra – Magic Bird Of Fire (François Kevorkian Sunshine Sound Acetate Edit) » où la rythmique brésilienne est relayée par un orchestre symphonique The Salsoul Orchestra.

L’amour reste le vecteur du message Disco,  « Love Is the Message (Tee Scott Remix) » avec un sample de la voix de Gill Scott Heron.

 

Et comment une telle explosion a-t-elle pu disparaître? En 1980 le déclin du mouvement disco est associé au sida, à la crise pétrolière, qui ne laissent plus de place à l’insouciance. Le mouvement Disco Stuck avec la Disco Demolition Night (« Nuit de destruction du disco ») du 12 juillet 1979 au stade de Comiskey Park à Chicago, où le DJ Steve Dahl incite le public à détruire les CD de disco, musique devenue trop populaire et trop joyeuse.

 

En conclusion, ce double album est un véritable plongeon dans les années Disco époque où le salut était dans la musique.

Mais au fait le Disco est-il mort ? Non ! Car bouger, aimer, danser, jouer reste vital.

 

Le  Disco est toujours « Stayin Alive ».

 

Line up :

The Salsoul Orchestra - Aura - Gladys Knight & The Pips - Walter Gibbons - Bobby DJ Guttadaro -Tom Savarese - Jellybean Benitez, Tee Scott - John Morales - Rick Gianatos - Robert Ouimet - Franck Sestito - Jonathan Fearing - Jay Negron - Davis Todd - Jim Burgess - François Kevorkian et John Luongo.....


BBE Records/Differ-Ant.

 

 

Jean-Constantin COLLETTO

 

 

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