Monsieur Scratching et madame Swing ont le plaisir de vous annoncer la naissance de leur premier album Plaisir Moderne au sein du Scratchophone Orchestra.

 

Le premier lui a donné ses sons percussifs et ses effets sonores issus du monde hip hop, la seconde lui a insufflé l’ambiance des nuits des années 1920 à 1940 où le charleston promu par Joséphine Baker aide à supporter la grande dépression.

 

Mais comment cette union a-t-elle pu être possible ? Même si les deux géniteurs viennent du même continent, la différence d’âge d’une cinquantaine d’années choque l’Homo sociologicus, nous confirmerait le sociologue Pierre Bourdieu s’il pouvait être des nôtres.

 

 

Une étude des relations dans ce couple original, montre que la parité est de rigueur entre musique instrumentale et production électronique, il est hors de question qu’un des deux courants artistiques soit privilégié. N’est-il pas insupportable d’entendre dans les chambres de maternité cette phrase «c’est le portrait craché de son père ou de sa mère», même si cela rassure le visiteur, le résultat est toujours de faire plaisir à un des parents et décevoir l’autre.

Avec Plaisir Moderne pas de souci de classer l’album dans un genre, bon courage aux disquaires qui risquent par dépit de ranger l’album à la lettre S, en ayant regardé à plus de deux fois l’orthographe du nom du groupe, (même sur la chaine YouTube officielle du groupe, une erreur d’orthographe rapidement corrigée a été remarquée par un youtubeur sur le nombre de «c»).

 

Un peu d’histoire du groupe peut aider à comprendre le phénomène Scratchophone Orchestra (SO pour les intimes). 

Ce groupe tourangeau existe depuis 6 ans, Aurélien Mourocq explique : «Ensemble, on a notre manière de faire. On part d’une ambiance, d’un vieux sample, d’une rythmique, et ça nous donne des idées. Dans tous les cas, on essaye d’aborder nos compositions comme une chanson swing traditionnelle dans laquelle on ajoute de l’électro, du beat-making. »

Le mécanisme employé est bien décelable dans «First man» où, au début de la piste, on entend le disque grésiller, puis le thème est chanté par Aurélien. Au bout d’une minute, l’arrivée d’une boite à rythme et scratch lance un rythme endiablé soutenu par des riffs de clarinette, trente secondes plus tard, un fond musical d’un big band swing charme l’auditeur, quand arrive aux platines Clément Royo, le tout en trois minutes et trente et une secondes ! 

Pour soutenir le rythme de l’album en totalité, certains recommanderaient l’absorption de produit illicite comme l’héroïne, mais ce n’est pas avec cette héroïne là que SO introduit son album. La vidéo de présentation de cette piste permet de comprendre comment mélanger les styles, ce clip tourné à l’espace musical «Le Temps Machine» à Tours en septembre 2017, montre une battle de danses dans une ambiance rappelant le film        «West Side Story» qui s’effectue entre deux groupes de danseurs de hip hop et de lindy hop.

L’ambiance se détend par l’arrivée d’un couple de danseurs de tango qui, par leurs pas langoureux, adoucit les velléités des danseurs, les rendant moins méfiants et défenseurs de leur style. L’ensemble des protagonistes, joyeux, finissent alors la vidéo par une danse en ligne commune, pour le plaisir de tous, comme celui de l’auditeur qui écoutera Plaisir Moderne.

 

 

 

Aurélien Mourocq : chant, clarinette - Clément Royo : Scratch, programmation, guitares, percussions, chœurs - Gabriel Bonnin : violon, programmation, chœurs - Armand Delaval : contrebasse, synthétiseur, chœurs. 
Invités : 
Pierre Mager : guitare manouche (8) - Sylvain Roudier : saxophone  (2, 9) - Pauline Bourguère : scie musicale (5) - Cathy Greuzat et les élèves de CM1 de l’école primaire de Langeais : chœurs (3) : Romain Noël : Piano stride (4).

Label 10h10/Sony Music Entertainment.

 

Jean-Constantin COLLETTO.

 

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