Il y a plus d’un an, l’aide d’un corbeau «Jack Daw» avait permis d’écrire la chronique sur Rainbow Shadow Vol. 2/A Tribute To Jef Lee Johnson.

 

C’est dans la forêt périurbaine de Soignes, au Sud-Est de Bruxelles que Reggie Washington présente sur YouTube son nouvel opus Vintage New Acoustic. Cet espace vert de 5000 hectares abritant beaucoup de corbeaux plairait indéniablement à Jack Daw, mais le sujet du nouveau CD n’est pas ornithophilique, mais acoustique.

 

Le contrebassiste déambule au milieu des grands arbres et se rappelle la jungle de New York, très différente de la forêt bruxelloise, « qui est de loin bien plus tranquille, c’est calme » ces mots sont prononcés en français par ce musicien, qui a toujours des difficultés à s’exprimer dans la langue de Voltaire. Une courte démonstration à la contrebasse prouve qu’il n’a aucune problématique d’expression avec cet instrument.

 

 

Depuis plus de trente ans, il a construit sa réputation de bassiste électrique avec les plus grands (Steve Coleman, Brandford Marsalis, le regretté Roy Hargrove,.. ). Son nouveau projet est une ambiance, une nouvelle atmosphère sonore amenée par la contrebasse, instrument avec lequel il a commencé la musique. 

 

Le design de cet instrument est vintage. Mais la volonté du bassiste est de l’intégrer à son univers musical, en faisant découvrir le son sourd et grave de la contrebasse, qui souvent, n’est audible qu’à une écoute attentive.

Quand Reggie Washington reprend le titre des Beatles « Eleanor Rigby » en solo, y compris le thème, le résultat est surprenant et désorientant ; mais l’exploration sonore de la basse acoustique, se poursuit également dans les deux morceaux originaux composés pour l’occasion « Always Moving » et « Half Position Woody », tous deux avec une cadence soutenue. 

 

Le bassiste n’hésite pas à présenter aussi des morceaux à la basse électrique, dont la reprise du morceau de Wayne Shorter « Fall » où successivement, Reggie Washington très soul, Fabrice Alleman dans la virtuosité et Bobby Sparks très funk partent en improvisation.

La reprise en solo de « Moanin’ » de Bobby Timmons à la basse électrique est un enchantement de groove, de simplicité, pour ce thème maintes fois repris, et dont la version de référence était pour l’instant celle d’Art Blakey & the Jazz Messengers enregistrée en 1958.

 

Pour clôturer et conclure cette chronique, une question se pose : cet album n’aurait-il pas pu être nommé « Basse Contre Basse » ou « Quand la Contrebasse rencontre la Basse », pour rendre hommage au travail de Reggie Washington qui depuis plusieurs années travaille sur ce projet, afin de présenter l’univers sonore de ces deux instruments indispensables à toute ligne harmonique ?

 

 

Line up :

Reggie Washington : basses acoustiques & électriques - Fabrice Alleman : saxophone ténor - Bobby Sparks - piano et claviers - EJ Strickland - batterie.

Jammin'colorS

 

Jean-Constantin Colletto.

 

 

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