Water & Fire, une énigme musicale à résoudre.

Le vendredi 12 juin 2020 sortie en France prévue* de l’album de Quentin Dujardin et Didier Laloy, la notoriété et la compétence des deux co-leaders de l’album annoncent un projet réussi.
Le CD est le résultat de plusieurs résidences au studio Agua Music Studio, à Condroz en Belgique, et de plus de 250 concerts en 2016 sur le très bel album Camiño du quintette féminin Ialma.
 

 

 

 

Tout doit bien se passer, cependant la photo de couverture est intrigante, comme dirait Peter Falk dans la célèbre série Columbo “C’est fou ce qu’un détail peut avoir son

importance quand on s’y attache”.

 

Sans aller jusqu’à écrire comme le journaliste musical Marcel Weiss “Le musicien et son instrument : un mariage d’amour– souvent choisi sur un coup de foudre – forment un couple passionné voire fusionnel, non sans nuages parfois.”, l’image de deux instruments calcinés sur une plage suscite des questions, pas besoin d’être atteint de troubles paranoïaques pour suspecter une affaire louche.
La confirmation par Stefany Calembert de Jammin’colorS, de l’identité des instruments détruits sur la photo de l’album, accentue l’inquiétude : “Sur la pochette, c’est une guitare et un accordéon”.

Cette scène de crime au bord de mer rappelle étrangement la passionnante série télévisée britannique Broadchurch, mais il a fallut huit épisodes à l’inspecteur Alec Hardy et le sergent Ellie Miller pour résoudre l’énigme. Il n’est pas sûr que la présente chronique pourra en faire de même.

L’écoute attentive de l’album et la recherche de tout ce qui ce rattache à ce CD doivent immanquablement donner des indices. “Elémentaire” s’écrirait Sherlock Holmes, le héros d'Arthur Conan Doyle
 

Le morceau éponyme, tel une musique de film (style de composition familière de Quentin Dujardin), emmène l’auditeur dans une ambiance nostalgique, douce mais fatidique où l’accordéon semble annoncer l’inévitable. Cette impression est confirmée par Quentin Dujardin qui, sur des harmoniques flamencos, donne le squelette au morceau et permet à Didier Laloy d’improviser au milieu des arabesques guitaristiques. 

Les trois morceaux portant un nom de mois de l’année, "Avril", "Juin" et "Mai", très agréables à écouter par la qualité de composition et des arrangements permettant d’optimiser la guitare et l’accordéon, ne donnent pas plus d’informations pour notre recherche.

Un premier indice est découvert dans la vidéo de "Storm" en live, les premières minutes permettent de voir, au deuxième plan, un feu de cheminée, mais à aucun moment l’un des trois musiciens n’a de geste déplacé. Toute l’attention du trio est portée à l’exécution du morceau, le résultat est réussi car à la fin des cinq minutes, la quête de résolution de l’enquête est oubliée au profit de la musique.

 

 

La résolution de l’énigme est donnée par la bande vidéo du morceau "Baroque" dirigée par Zoubeir Hmouda, le photographe qui a fait la pochette de l’album (on aurait pu s’en douter, l’étau se resserre ! ).

Sur une mélodie triste, classique et douce, menée par les trois compères avec de très beaux coups d’archer d’Adrien Tyberghein, sans aucune agression, une guitare s’enflamme toute seule sur la plage (lieu du double crime), en combustion spontanée. Énigme résolue !

OUI ! la cause de l’incinération des deux instruments des co-leaders du groupe est l’auto-combustion.  Ce sujet très controversé pour la combustion humaine, est depuis longtemps rejetée quasi-unanimement par la communauté scientifique. 

Ce n’est qu’en 2012 que des médecins finnois ont ré-analysés les rares cas décrits dans la littérature médicale où le corps humain brûle. Leur étude publiée dans le Journal of Burn Care & Research "La combustion humaine spontanée à la lumière du XXIe siècle" donne des pistes de réflexion. Selon le docteur Cristian Palmiere, du Centre universitaire romand de médecine légale de Genève, "tout se passe comme si le corps brûlait comme une bougie.” 

 

Est-ce que l’auto-combustion réalisée avec Water & Fire aidera la science à percer le secret de la combustion spontanée ? Peut-être, mais cet album marquera la musique par l’incroyable alchimie accordéon-guitare proposée par Quentin Dujardin et Didier Laloy,

 

"une flamboyante mélodie sur harmonie marine".

 

Musiciens : 

Quentin Dujardin : guitares, basse électrique, percussions - Didier Laloy : accordéon diatonique - Adrien Tyberghein : contrebasse - Nicolas Fiszman : basse électrique (5) - Noho : voix (11).

 

Enregistré au cours de plusieurs résidences au studio Agua Music Studio, Condroz Belgique. 

Label: Agua Music / Belgique / sortie en France le 12 juin 2020.

 

 

Jean-Constantin Colletto.

 

 

* Avant la pandémie du Covid-19 la date de sortie de l’album était prévue le 20 mars 2020. 

 

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