“Une vie simple”, vœu de Paul Jost pour cette nouvelle année.

 

Il est de bon ton de présenter ses vœux en début d’année.

Mais quel est le sens et l’histoire de cette coutume ?

 

L’album de Paul Jost semble tout a fait approprié pour en apprendre un peu sur cette pratique.

 

 

Tout d’abord un peu d’histoire : il y a plus de deux mille ans que le jour de l’an est fixé en début janvier. En effet, en 46 avant notre ère, Jules César définit que le jour de l’an serait fixé au premier janvier. La raison de son choix est de dédier ce jour au Dieu Janus, dieu bifrons (deux faces) une vers l’avant et l’autre vers l’arrière.
Cette particularité divine convient au premier de l’an, jour marquant la fin et le début d’une année.

 

Regarder en arrière et en avant en même temps est une qualité que Paul Jost possède, son interprétation de “Caravan” morceau écrit en 1936 le prouve. L’introduction de Tim Horner à la caisse claire, soulignée par les performances human beatbox de Paul Jost, instaure et respecte le style fusion jungle et exotisme moyen-oriental de ce standard. Mais, tout comme Janus, les cinq musiciens proposent aussi un voyage vers l’avant, avec une création originale de plus de six minutes, où, après un rappel du thème, Joe Locke propose un très beau solo virtuose et léger, puis le vibraphoniste passe la main à Jim Ridl, pour faire décoller l’auditeur grâce à un magistral solo de notes cristallines. Aucun souci d’atterrissage, l’équipe contrebasse-batterie est là pour assurer divinement la rythmique.

Ce morceau, dont Duke Ellington a enregistré plus de 350 versions, a été repris par la plupart des jazzmen de tous les temps, mais la version proposé par Paul Jost est remarquable, le public averti du Blue Note à New-York le 18 décembre 2018 se souvient encore de la version live que le groupe en format quartet a proposée. Comme le musicien l’annonce sur son Bancamp pour son premier album en solo  Breaking Through “une façon non standard de jouer des standards ”.

 

 

Le choix très hétéroclite des treize morceaux qui composent Simple Life, allant du répertoire jazz avec “The touch of Your Lips” de Ray Noble, au répertoire pop de “Blackbird ” de John Lennon, et à la musique populaire avec “Folks Who Live on the Hill” de Jérôme Kern et Oscar Hamerstein, ainsi que des compositions personnelles  “Bela tristeza”, “Livin' in the Wrong Time”, peut surprendre. 

 

Paul Jost en donne la raison “Ce sont tous des morceaux qui m’ont servi d’ancrage et de bouée à différents moments de ma vie, c’est une collection de souvenir”.

Voici une façon simple et touchante de présenter son album, pour ce musicien qui a joué et enregistré avec les plus grands : Ron Carter, Dr John, Mark Murphy...

Cette simplicité et humilité sont permanentes pour ce musicien, toujours remerciant sur la toile, tout partage et commentaire de ses publications.

 

Quoi de plus naturel qu’il ait choisi d’appeler son nouvel opus Simple Life. Ce titre fait écho également à sa reprise de “Give Me the Simple Life” écrit en 1945 par Rube Bloom et Harry Ruby.
Dans ce morceau et sur un rythme très swing, Paul Jost chante “I never was cut out to step and strut out. Give me the simple life... A cottage small is all I'm after, Not one that's spacious and wide. A house that rings with joy and laughter. 
And the ones you love inside. ” (Je n'ai jamais été fait pour marcher et me pavaner. Donnez-moi la vie simple... Un petit chalet est tout ce que je recherche. Pas un qui soit spacieux et large. Une maison qui sonne de joie et de rire. Et ceux que vous aimez à l'intérieur).

 

Dans cette période de festivités de début d’année, où souvent l’hyperconsommation et l’opulence remplacent la simplicité de la joie d’être ensemble, ce désir prend sens, la journaliste du magazine Historia Sophie Horay-Lounguine explique que “Le premier jour de l'année est en quelque sorte sacré ; il marque notre destin pour toute l'année à venir”. 

 

Pourquoi ne pas formuler que le souhait d’une vie simple, remplie de joie et de vie, entourée de ceux que vous aimez, clamé par Paul Jost marque le destin de toute l’année à venir pour notre humanité ?

 

 

Musiciens :

Paul Jost : voix, harmonica, guitare, flûte - Jim Ridl : piano, synthétiseur, claviers , chœurs (1, 4, 8) - Dean Johnson : contrebasse, chœurs (1, 4, 8) - Tim Horner : batterie, percussions, chœurs (1, 4, 8).

Invité :

Joe Locke : vibraphone (1,2,3,4),  percussions (crotales), chœurs (1, 4, 8).

 

Jammin’colorS/L’autre Distribution.

Sortie européenne le 15 novembre 2019.

 

 

 

Jean-Constantin Colletto.

 

 

Pour aller plus loin, vous pouvez acheter l'album sur Jammin'colorS.