Pour cette fin d’année 2016, un voyage inédit ou quand la musique dessine l’avenir d’une patrie, avec Kobane le nouvel album de Nishtiman Project.

Kurde vous avez dit ! Voici un Quizz pour les plus téméraires:

Le pays des kurdes est le ? Kurdistan ! Oui, crée en 1150 par le Sultan Sanja.

Quelles sont les frontières de ce pays ? Là cela commence  à se corser, on ne parle pas de pays mais de région, qui s'étend de la Turquie à la Syrie en passant par l'Irak et l’Iran. Sur ces quatre pays seuls les deux derniers reconnaissent officiellement une région nommée - Kurdistan -.

 

Mais comment ce pays est-il devenu une région ? 

 

 

Ça se complique : une succession multitudes d’invasions, de traités plus ou moins respectés, de génocides. Il faut aussi savoir que le sous-sol riche de réserves pétrolières et d’eau, a entraîne des aides étrangères, Etats Unis et Europe. Bon pour faire plus rapide et plus actuel, depuis la guerre civile syrienne de 2011, les Kurdes de Syrie ont pris le contrôle de certaines  zones qui composent le - Kurdistan Syrien - dont la ville de Kobane à 150 km d’Alep.

Et alors ! Cela nous aide-t-il notre affaire ? Comment une histoire et une géographie qui frôle le chaos peut-il engendrer un album qui se revendique être le message musical de la patrie Kurde, puisque Nishtiman veut dire patrie.

Oui ce peuple divisé sur quatre pays, grâce et par la volonté de 6 musiciens donne un message Kurde unifié.

C’est le fruit acharné du travail du percussionniste Hussein Zahawy  originaire du Kurdistan Irakien. Né en 1980 dans une petite ville d’Irak, il a fuit l’Iran avec sa famille pour échapper au régime de Saddam Hussein, en exil à Londres  il fonde aidé par le compositeur Sohrab Pournazeri un groupe  Nishtiman, afin de créer un album d’un Kurdistan unifié. Déjà en 2011, cet ensemble avait sortit le CD Kurdistan. A la suite d’une tournée internationale Nishtiman project revient avec le même but, présenter une patrie métissée et unifiée selon le concept du philosophe Edouard Glissant, enrichi d’un message vers un futur meilleur.

Le CD commence par une pièce vocale et instrumentale, « Kobane » relate la victoire du peuple Kurde et de ses femmes guerrières, la chanteuse Donya Kamali égrène sa plainte sur un  texte mythologique du feu sacré du zoroastrisme. Les  morceaux se nourrissent du folklore traditionnel comme « Khor Halat » morceau joué au lever du soleil.

L’amour abordé dans « Shirin », simplement par trois notes selon les coutumes de la région d’Oraman nous fait voyager dans l‘espace, tandis que  « Kohbod » nous propose un voyage dans le temps qui évoque la tradition ascétique du yârsânisme, religion née au XIVe siècle mais rattachée à un ensemble de cultes antérieurs à l’islam.

Coup de cœur pour «Ghanj Kalil » très belle pièce méditative introduite par le maître des hautbois Ertan Takin.

L’écoute de cet album prouve que  le destin de tout un peuple est de se nourrir de son histoire, de ses différences, pour engendrer son avenir par la musique et non par les canons.  

 

Sohrab Pournazeri : Composition, Tanbur, Kamanché - Hussein Zahawy : Direction artistique, Daf, Dohol, Bendir - Ertan Tekin : Zorna, Balaban, Duduck – Donya Kamali: Chant - Mayar Toreihi : Santour - Robin Vassy : Percussions.

Accords Croisés / Harmonia Mundi – Pias.

 

Jean-Constantin Colletto.

 

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