Si la mythologie grecque permet à Icare et Pégase deux figures terrestres de voler, Kicca affirme en faire autant avec son dernier album I Can Fly.

 

Comment la chanteuse née à Vicenza (Italie), relève-t-elle ce vieux défi de l’humanité ?

 

La présente chronique se propose d’en percer le secret.

 

Le début du mystère est dévoilé dans «The Beats», où la chanteuse, dans une ambiance négro spiritual de dimanche matin à Harlem, confie à l’auditeur, qu’à l’âge de six ans, cachée derrière un arbre, elle est restée longtemps seule, immobile à pleurer. Enfin, elle trouve sa solution pour sortir de cet état: écouter son cœur.

 

 

En cette période de Saint Valentin, voilà une solution qui tombe à point !

 

Le cœur, organe de l’amour, est le moteur de l’envol, le message scandé dans « Tribal Song » : « We give love, love, love » !! (Nous donnons de l’amour, de l’amour, de l’amour). Cette piste réhabilite le pouvoir de l’amour, en incitant à lâcher la course au contrôle et au pouvoir. 

 

Bien que peu de modes d’emploi existent sur la façon d’apprendre à voler, on peut imaginer qu’il doit y avoir des étapes. Souvent les dictons populaires aident. Kicca semble de cet avis avec « Let Me Walk », ne dit-on pas - il faut apprendre à marcher avant de courir -, même si ce n’est pas l’avis de Tony Starks dans Iron Man II, qui dit à son majordome : « Jarvis, il faut parfois savoir courir avant de savoir marcher », mais ça, c’est de la science fiction.

 

Le vol en amour dont parle Kicca est bien réel, dans « Let Me Walk », véritable ovation à la liberté : « I wanna be free and nothing else» (je veux être libre et rien de plus), elle réclame être en paix avec elle même, pour :« dreaming, walking, loving » (rêver, marcher, aimer).

Après marcher, quoi de plus naturel que de courir, pour pouvoir chanter sans peur dans «Sing Around » : « Only by singing I can be free as a bird », (seulement être libre comme un oiseau en chantant), peut-être fait-elle allusion au magnifique oiseau de paradis au plastron en touches de piano perché sur son épaule, présent sur la pochette de l’album ?

 

L’envol est possible avec « Good Time », moment où arrive la sensation ultime permettant aux femmes et aux hommes libres, de sentir la beauté du monde et de savourer l’amour.

Le voyage de cet album finit par un état proche de l’extase avec « Ritual », où, accompagnée d’une rythmique composée de percussions, la chanteuse module des sons aériens de l’au-delà.

 

Kicca avec son I Can Fly permettra-t-elle comme Pégase dans la mythologie de tuer la chimère, chimère qui a trop longtemps dit, que le pouvoir et la réussite sont plus fort que l’amour ? la chronique de ce jour ne peut y répondre.

 

Musiciens:

Kicca : chant, composition, arrangements - Oscar Marchioni : piano, orgue, synthétiseurs, composition, arrangements - Nicolas Peslier : guitares, banjo - Lionel Boccara : batterie - Olivier Temine : saxophone ténor. 

 

 

Jean-Constantin Colletto.

 

 

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