To live and not to live, la réédition enrichie de l'hommage à Nat King Cole par Hugh Coltman, Shadows Songs of Nat King Cole Live at Jazz à Vienne.

 

En août 2015, le chanteur du groupe de blues anglais The Hoax avait sorti ce projet autour du crooner américain des années 50 Nathaniel Adams Coles, dit Nat King Cole.

Un peu plus d'un an plus tard, en novembre 2016, Sony Music ressort le même album agrémenté d'un deuxième CD enregistré en live le 5 juillet 2016 au festival de Vienne.    Mais quel intérêt pour l'auditeur ?

Revenons quelques minutes sur des considérations techniques d'enregistrement d'album:

 Album live signifie enregistré en public, en direct, en une seule prise avec tous les musiciens jouant en même temps; ce qui est à opposer à l'album studio, enregistré piste par piste, musicien après musicien, en studio d'enregistrement. 

 

 

Il existe aussi les faux live avec des cris et applaudissements factices mais ce n'est pas le sujet d'aujourd'hui.

Il est coutume de dire que les albums live permettent de mieux sentir la dynamique, même si techniquement pour les puristes, l'album studio est plus agréable à l'écoute  : dans l'équilibre des balances, dans la justesse de l'interprétation des morceaux.

Il est vrai qu'Hugh Coltman vient du monde du rock, où les CDs live sont beaucoup plus nombreux que dans le  jazz, mais à elle seule, cette raison ne justifie pas une réédition. L'écoute de ce double album devrait en dire plus sur cette sortie, peu chroniquée dans la presse.

Le premier morceau «Are You Desenchanted» et  «Are You Desenchanted (Live)» ne convainc pas, mis à part les applaudissements de début et le solo de guitare moins agressif dans la version live.

Mais «Pretend» et «Pretend (Live)» montre une différence beaucoup plus marquée, la très belle introduction du morceau dans la version live par Gaël Rakotondrabe à la guitare donne un rythme très agréable, plus lent, incitant à la rêverie.

Quant à «Walkin’» et «Walkin' (Live)» cette originale interprétation du morceau de Nat King Cole est beaucoup plus blues dans  l'album studio et plus rock sur scène avec un durée de piste beaucoup plus longue. 

De règle générale, la version live met en exergue les instruments, comme la très belle partie de Christophe Mink à la contrebasse dans « Mona Lisa (Live) ».

Quant à «Nature Boy» c'est la version Studio qui séduit plus, avec une qualité d'enregistrement permettant de mieux apprécier la voix sensuelle et rocailleuse de Hugh, même si «Nature Boy (Live)» nous dévoile le travail de Raphaël Chassin à la batterie, donnant à ce morceau une rudesse et une virilité rarement présente dans la multitude des reprises du morceau mythique de Nat King Cole.

 

En conclusion, la réédition de Shadows Songs of Nat King Cole permet de satisfaire les puristes avec le premier CD et de convenir aux fervents du live avec le deuxième CD, mais surtout d'écouter la différence importante entre enregistrement live et enregistrement studio.

 

Hugh Coltman : Voix - Gaël Rakotondrabe : Guitare, Piano - Christophe Mink : Contrebasse - Raphaël Chassin : Batterie.

Sony Music / OKeh Records

Jean-Constantin COLLETTO.