Giulia de Francesco Cataldo

 

L’âge de raison, le moment de la création.

 

Le processus créatif reste à ce jour un mystère non élucidé. Avec son nouvel album, le musicien sicilien Francesco Cataldo permet d’en entrevoir la source.

Déjà en 2012, son enregistrement de Spaces à New York  avait donné un bel aperçu de son univers artistique.
Aujourd’hui, c’est dans une autre configuration que le compositeur sicilien présente Giulia. La formation est plus restreinte, l’univers très différent, plus contemplatif, plus planant.

 

 

Francesco Cataldo a habitué son public à se produire dans des styles très variés, la sortie en mars 2020 de Post Rock Vol 2, savant mélange de musique acoustique et électronique, emmène l’auditeur dans un monde intersidéral, "Trappist-1" en est l'élixir, digne d’une bande sonore d’un film de science-fiction.

 

Giulia, titre du présent album, est également le prénom de la fille de Francesco Cataldo, que l’on voit sur la pochette, face à la mer dans le château de Maniace à Syracuse.

Le compositeur explique: “Yes, Giulia is my daughter. Beyond the love for her she represents the "eternal child" inside me. All life is a research for this "child" inside of us and in music it means simplicity, lirism...That is my small idea".

(Oui, Giulia est ma fille. Au-delà de l'amour que j’ai pour elle, elle représente "l'enfant éternel" en moi. Toute vie est une recherche pour cet "enfant" qui sommeille en nous et en musique cela signifie simplicité, lyrisme ... C'est ma petite idée).

Il est de notoriété que l’enfance est la période propice à la création, le Musée d’Orsay a organisé le 6 mai 2020 une journée d’étude "Enfance et création", où il est ressorti que 

"Toutes les formes de création des enfants se situent dans l’évolution d’un sujet, sont des modes de communication au-delà du langage, une mise en forme de leurs émotions". 

Les détracteurs de cette affirmation peuvent avancer que la création artistique musicale demande de la rigueur, pour exprimer et partager ses propres émotions et couleurs comme dans "I Tuoi Colori (Prologuo)", où la guitare acoustique introduit le voyage onirique, doux et mystérieux de l’ensemble de l’album.

 

Les dix morceaux composés par le musicien sicilien, demandent la connaissance des règles de l’harmonie, et permettent aux quatre musiciens de jouer ensemble, en respect les uns des autres. Dans "Giulia",les riffs enivrants du piano accompagnent le très délicat jeu aux balais d’Adam Nussbaum, riffs repris par la contrebasse pour laisser la place à Francesco Cataldo, qui avec un détaché très articulé délecte l’auditeur d’un magnifique solo, rappelant des sonorités flamenco et baroque.

 

Pour composer et créer, il faut se connecter à son “enfant éternel” suggère le guitariste, mais cet enfant doit être dans l’âge de raison.
Les site web de l’internaute.fr, définit cette période, comme celle qui correspond à la fin de la phase œdipienne, où commence à émerger les notions de bien et de mal, de justice, ainsi que les conséquences de ses actes...C'est à cet âge que l'enfant devait commencer à se prêter à la confession et à la communion”. 

On pourrait rajouter “C'est à cet âge que l'enfant devrait commencer à se prêter à la confession, à la communion et à la composition”. 

 

Est-ce la raison pour laquelle Giulia Cataldo est en âge de raison?

La question reste sans réponse, la création musicale garde ses mystères, malgré l’écoute de l’album.
Cependant il est fortement conseillé d’acquérir Giulia, tant la qualité des compositions et des musiciens est grande.

 

Musiciens:

 

Francesco Cataldo: compositions, arrangements, guitares, piano (5, 9) – Marc Copland : piano – Pietro Leveratto : contrebasse – Adam Nussbaum : batterie.

 

 

Enregistré au Forward Studios (Rottaferrata, Rome) les 29 et 30 août 2019.

Label: AlfaMusic / Italie/ Sortie le 14 février 2020. 

 

 

Jean-Constantin Colletto.

 

 

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