Pour son premier EP, Esinam propose un voyage inédit. 

 

Le moyen de locomotion utilisée par l’artiste belge est la voie des airs.

En effet, le premier morceau «Birds Fly Under This Heavy Sky» invite à l’envol avec une flûte traversière rappelant des chants d’oiseaux, accompagnée de sons égrenés par une kalimba scandant les battements d’ailes. Les sons dévoilés rappellent les magnifiques images de Jacques Perrin dans le film Le peuple migrateur sorti en 2001, où les caméramen volent durant tout le film en compagnie d’oiseaux migrateurs. Comme le début du film appelle le spectateur au voyage de la migration, cette première piste invite l’auditeur à l’envol, les chœurs l’accueillant en milieu de morceau par la répétition de «Fly». 

 

 

 

Cependant la tonalité mineure utilisée par ce morceau installe rapidement un climat légèrement inquiétant. Ensuite, les recommandations d’Esinam «ne pas aller dans cette nuit noire» proposent, grâce à la flûte, une déambulation au clair obscur dans un style soul avec «Do Not Go Into That Black».

 

 

Les chants en ewé, enregistrés par l’artiste belge dans un village au Ghana, renseignent sur le lieu géographique où Esinam puisse ses racines. Le résultat, «Gavoé», est une danse de transe où la rythmique mélange électronique et instruments traditionnels comme le tama.

 

Le point d’orgue, le clou du voyage est le dernier morceau «Electric Lady», où, accompagnée de l’éclectique artiste Sénégalais Ibaaku, Esinam présente un univers fait de sons d’autrefois, d'aujourd’hui et de demain. Par moment, on se demande si les sons sont issus de la tradition ou de l’électronique. 

 

Le but d’une chronique n’est pas de disséquer un album mais de rapporter le voyage parcouru à l’écoute d’un album, celui qu’Esinam propose est en terre inconnue et personnelle. 

 

Ce premier Ep d’Esinam pourrait se résumer à une simple invitation : «Bienvenue en terre Esinam».

 

Esinam Dogbaste : (composition, flûte, chant, multi-instrumentiste : percussions... ).

Invité : Ibaaku (DJ)(4).

EP Sdan Records.

 

Jean-Constantin Colletto.

 

 

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